ChickenTrack 2025 révèle des avancées notables, mais aussi des zones d’ombre. Vous allez découvrir où la France progresse, qui prend ses responsabilités et qui doit accélérer avant 2026.
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Les chiffres clés du ChickenTrack 2025
Le rapport publié par CIWF suit les entreprises engagées dans l’European Chicken Commitment (ECC) et le Better Chicken Commitment (BCC). En France, 14 % de la production de poulet provient déjà de systèmes mieux-disants que le BCC, comme le bio ou le Label Rouge. Par ailleurs, 5 % de la production française est conforme aux critères BCC.
La présence française dans l’outil est importante. La France compte 42 entreprises évaluées sur ChickenTrack. Trente-six d’entre elles ont livré un reporting, contre seulement 26 en 2024. Cela montre une montée en transparence.
Ce que dit CIWF et quels acteurs doivent bouger
Lucille Bellegarde, responsable des affaires agroalimentaires chez CIWF, rappelle que les producteurs français ont fait leur part. Les volumes de poulet répondant aux standards BCC augmentent. Mais elle insiste : les acteurs en aval — distributeurs, transformateurs, restaurateurs — doivent tenir leurs engagements et travailler de concert avec leurs fournisseurs.
Le CIWF critique une pratique fréquente : certains distributeurs retirent leurs gammes premier prix sous marque distributeur pour les remplacer par des produits « no-name ». Ainsi, ils se soustraient parfois à leurs engagements. Les ONG demandent aux enseignes de s’entendre collectivement, en mode pré-concurrentiel, pour appliquer le BCC sur l’ensemble des produits.
La grande distribution : progrès et zones d’ombre
La majorité des distributeurs français affiche un engagement sur l’ECC. Pourtant, le segment du poulet premier prix reste problématique. Les progrès en matière de bien-être animal se font surtout sur les références plus visibles. Les produits d’appel progressent peu.
Voici un aperçu des indicateurs rapportés par quelques enseignes pour 2025. Les chiffres montrent l’avancement sur plusieurs critères du BCC :
| Auchan | Carrefour | Coopérative U | Casino | Les Mousquetaires | |
|---|---|---|---|---|---|
| Densité d’élevage | 35 % | 40 % | 8,8 % | 50 % | 10 % |
| Souche à croissance lente | 35 % | 40 % | 8,8 % | 50 % | 10 % |
| Lumière naturelle | 35 % | 40 % | 43,2 % | 50 % | 44 % |
| Enrichissement | 35 % | 40 % | 43,2 % | 50 % | 43 % |
| Étourdissage par atmosphère contrôlée | 10 % | n.c. | 37,3 % | 0,3 % | 26 % |
| Audit externe ECC | n.c. | n.c. | n.c. | n.c. | n.c. |
n.c. signifie non communiqué. Le reporting reste incomplet chez certains acteurs, notamment Lidl et Leclerc, selon ChickenTrack.
Transformateurs et restauration : des progrès contrastés
Les transformateurs avancent, mais de façon inégale. Le passage à des produits élaborés sous standards BCC est plus complexe, car ces recettes utilisent souvent des animaux plus lourds. Malgré cela, des lancements existent, comme un jambon de poulet labellisé BCC par Fleury-Michon.
Parmi les industriels, LDC est cité comme très avancé. Suivent des acteurs comme Mix Buffet, Sodebo et Daunat. En restauration, API Restauration montre des progrès notables dans la restauration collective. Dans la restauration commerciale, Big Mamma se distingue en atteignant 100 % sur la plupart des critères, sauf l’audit externe.
Où la filière doit accélérer
Le rapport identifie clairement deux verrous : la réduction de la densité (objectif 30 kg/m²) et la généralisation des souches à croissance plus lente. Ce sont les points où les taux de transition restent les plus faibles.
Autre remarque importante : les abattoirs ont investi et progressent sur les méthodes d’étourdissement par atmosphère contrôlée. Au moins 57 % des surfaces en production standard disposent d’un accès à la lumière, selon Anvol. Mais ces avancées sont insuffisantes pour atteindre les objectifs 2026 si l’ensemble de la chaîne n’accélère pas.
Les six critères du Better Chicken Commitment
- Respect de la réglementation européenne, partout.
- Réduction de la densité à 30 kg/m².
- Enrichissement des bâtiments : perchoirs, substrats de picage, lumière naturelle.
- Usage de souches à croissance plus lente.
- Méthodes d’abattage plus respectueuses, comme l’étourdissement par atmosphère contrôlée.
- Mise en place d’audits externes pour vérifier l’application de tous les critères avant 2026.
Que pouvez-vous attendre et que doivent faire les acteurs en aval ?
Si vous êtes consommateur, regardez les étiquettes et privilégiez les références claires. Si vous travaillez dans la distribution ou la transformation, le message est simple : assumez vos engagements. Le CIWF invite à utiliser des leviers concrets — promotions, référencement, étiquetage, politique de prix — pour développer le BCC sur tous les produits.
La fenêtre d’action se referme. L’échéance 2026 impose une accélération. Les producteurs ont déjà bougé. Il est temps que la grande distribution, les industriels et la restauration prennent leurs responsabilités. Agir collectivement, en dehors des logiques de court terme, est la clé pour transformer les progrès actuels en changement durable.


