Pommes de terre : la filière élabore un protocole pour détruire les invendus

4/5 - (15 votes)

Une récolte record et, simultanément, un spectre d’invendus : voilà le paradoxe qui secoue la filière. Face à des quantités massives de pommes de terre sans débouché, la profession prépare un cadre pour détruire de manière contrôlée les tubercules excédentaires.

Une campagne historique… et des marchés à la baisse

La campagne 2025-2026 bat des records avec environ 8,6 millions de tonnes produites. Pourtant, la demande ne suit pas. Les livraisons en usine diminuent depuis le début de l’année. Les industriels ajustent leur rythme de transformation et refusent les lots hors contrat.

Conséquence : le Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre (GIPT) et le Comité interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) estiment que près de un million de tonnes pourraient rester sans débouché. C’est colossal et cela met les acteurs de la filière sous forte tension.

Que devient habituellement l’excédent ?

Lorsque les débouchés industriels manquent, la filière oriente certains volumes vers la méthanisation ou vers l’alimentation animale. Ces voies ont déjà servi lors de la crise de 2020.

Mais elles ont une capacité limitée. La profession craint que ces solutions ne suffisent pas à absorber des centaines de milliers de tonnes en surplus. Il faut donc penser d’autres réponses, sans compromettre la santé publique ni l’environnement.

Un protocole de destruction pour réduire les risques sanitaires

Pour accompagner les producteurs confrontés aux invendus, la filière élabore, en partenariat avec Arvalis, un protocole de destruction simple, sécurisé et peu coûteux. L’objectif est clair : éviter une gestion anarchique des tubercules qui créerait des risques sanitaires.

Ce protocole vise à fournir aux agriculteurs des pratiques encadrées, applicables rapidement. Les recommandations techniques seront communiquées prochainement aux producteurs, coopératives et autres acteurs concernés.

Pourquoi une procédure contrôlée est-elle nécessaire ?

Des tas de pommes de terre abandonnés peuvent attirer rongeurs, insectes et maladies. Ils peuvent aussi contaminer des champs voisins ou des points d’eau. Une destruction non maîtrisée entraîne des risques sanitaires et peut aggraver des tensions sociales et économiques.

La filière plaide pour une approche collective. Il s’agit d’échapper à des réactions individuelles qui nuisent à tous.

Conséquences pour les producteurs et les collectivités

Pour les producteurs, la problématique est financière et logistique. Stocker coûte cher et vendre à perte n’est pas tenable. Détruire représente un coût, mais peut prévenir des dommages plus lourds ensuite.

Les collectivités locales et les services de l’État devront suivre ces pratiques. Un protocole partagé facilite la coordination et limite les pratiques divergentes sur le terrain.

Que pouvez-vous attendre concrètement ?

Dans les semaines à venir, attendez la publication de recommandations précises. Elles décriront des étapes pour une destruction contrôlée et des consignes sanitaires à respecter. Le message est simple : la filière veut éviter les solutions extrêmes et dangereuses.

Si vous êtes producteur, restez attentif aux communications du GIPT et d’Arvalis. Coopérez avec votre coopérative. Si vous êtes élu local ou agent sanitaire, préparez-vous à recevoir des consignes opérationnelles.

Un appel à la responsabilité collective

La situation impose de la rigueur et de la solidarité. La filière appelle tous les acteurs à se mobiliser pour traverser cette campagne difficile sans créer de risques sanitaires ou économiques inutiles.

La méthode ne sera pas une panacée. Mais en organisant ensemble la gestion des invendus, vous limitez les dégâts et protégez la valeur du travail agricole. La suite dépendra de la rapidité et de la clarté des prescriptions à venir.

Lucia Pereira
Lucia Pereira
Je suis consultante en gestion d’entreprise et organisation des PME depuis plus de quinze ans. Diplômée d’un master en management à l’IAE Lyon et ancien directeur administratif et financier dans une scale-up française, j’accompagne au quotidien entrepreneurs et freelances dans la structuration de leur activité. Ma spécialité : transformer les sujets business complexes (pilotage financier, organisation interne, priorisation stratégique) en méthodes simples à appliquer au quotidien. J’écris ici pour partager des outils pragmatiques issus du terrain et aider chacun à prendre de meilleures décisions pour son entreprise.

Articles populaires

Articles récents

spot_img